Territoire numérique

La boucle rémoise de télécommunication à très haut débit en fibre optique.

, La fibre optique au pied des entreprises

La Direction des Systèmes d’Information et des Télécommunications (DSIT) gère les prestations informatiques et téléphoniques pour les services de la Ville de Reims et de Reims Métropole. Sur des sujets ponctuels, comme la dématérialisation, elle intervient aussi auprès des autres communes de l’agglomération.

Pourquoi avoir créé un réseau à haut débit local ?
Au départ, pour optimiser nos infrastructures de télécommunications. Les autres services publics partageant la même problématique, le réseau s’est étendu passant progressivement de 37 km à 105 km aujourd’hui. le GFU « université », s’est ouvert à ses partenaires : le Crous, le CRDP, le Rectorat, Sciences Po, AgroParisTech, l'agence Carina, etc. C’est au tour désormais de NEOMA de souhaiter intégrer ce GFU. De même, l'extension du GFU Ville/Grand Reims a également été continue, avec l'ajout de sites en fonction des besoins et opportunités : la station d'épuration, le CCAS, la Caisse des écoles, … plus de 90 points sont raccordés aujourd'hui sur le réseau interne Ville/Grand Reims.
 
Est-ce indispensable au développement économique d’un territoire ?
C’est clair. Une entreprise a besoin d’infrastructures de communication, comme le TGV, mais également de haut débit. Grâce au réseau, nous apportons la fibre au pied des entreprises. C’est ce qui a notamment attiré à Reims ING Direct ou les Taxis G7.
 
Ce réseau continue-t-il d’évoluer ?
La stratégie est de continuer à le développer en direction des entreprises, au fur et à mesure de la création des parcs d’activité. Nous menons par ailleurs une étude pour évaluer la pertinence d’installer de la fibre optique jusque chez l’abonné, qui bénéficierait alors d’une connexion de 100 Mbits/s. C’est ce qu’on appelle la FTTH, Fiber To The Home. Le réseau évolue également en fonction des besoins internes. Je pense par exemple à la vidéo surveillance urbaine que nous allons mettre en place en décembre à Reims.
 
Pourquoi le modèle rémois est-il atypique ?
Nous avons construit et nous exploitons en régie ce réseau, ce qui nous permet de mener des projets maîtrisés à des coûts maîtrisés. Les autres villes en confient la responsabilité par délégation de service public à des sociétés privées. Résultat : chez nous, la concurrence est plus forte et les tarifs moins élevés. Nous avons une autre « singularité » : notre réseau interne est multiservices, c’est-à-dire qu’il est conçu pour transporter l’informatique et la téléphonie des deux collectivités, mais aussi la téléphonie, la vidéo surveillance, la gestion du chauffage urbain, des châteaux d’eau, des feux de circulation, des parkings. Ailleurs, on préfère multiplier les réseaux, ce qui génère des coûts supplémentaires.

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Réseau Jupiter

Baptisé "Jupiter", le réseau à très haut débit en fibre optique de la Ville de Reims a été initié en 2000 construit en 2002, éclairé en 2003 avec pour objectif de créer des réseaux privés performants et économiques pour 4 grandes administrations.
Devant l'augmentation des besoins et des coûts télécom, le CHU, l'Université, la CCI, la Ville et l'agglomération de Reims ont cofinancé un réseau mutualisé afin de rationaliser leurs télécommunications et développer de nouveaux services.
 
La Ville a piloté ce projet et reste propriétaire du réseau déployé en domaine public. Les partenaires ont un droit d'usage de 20 ans et le financement a été réalisé sous forme de fond de concours. Chaque partenaire constitue un Groupe Fermé d'Utilisateurs (GFU), chaque GFU dispose de ses propres fibres mutualisées dans un même câble.
La participation s'est faite au prorata des fibres mises à disposition, la Ville restant gestionnaire des fibres libres. Le réseau initial a coûté environ 2 millions d'Euros répartis entre les partenaires et a été amorti très rapidement (4 ans) de part les économies réalisées.
Une ingénierie interne forte a permis d'optimiser les cheminements puisque seulement 7 km de génie civil ont été nécessaires sur les 37 premiers kilomètres de cheminement.
Plusieurs partenaires ont rejoint le GFU Université depuis : le Crous, le CRDP, le rectorat, l'agence Carina... Le niveau de performance des connexions proposées à des prix très attractifs constituent la motivation majeure de raccordement au réseau Jupiter. Le palais des congrès et le parc des expositions ont bénéficié de cette avancée technologique et de nombreuses interconnexions ont été réalisées ponctuellement pour la retransmission d'images médicales lors de congrès par exemple. Ces avancées représentent un atout commercial considérable. La desserte des partenaires par le réseau régional télémus est assurée également par le réseau Jupiter.
 
L'extension du GFU Ville/Reims Métropole a également été continue avec l'ajout de sites en fonction des besoins et opportunités: la station d'épuration, CCAS, Caisse des écoles; plus de 80 points sont raccordés aujourd'hui pour le réseau interne Ville/Reims Métropole.
Les coûts des télécommunications ont pu baisser de 20 % environ tout en ayant un périmètre en grande évolution. La Direction des Systèmes d'Information et des Télécommunications (DSIT) a également étudié la connexion des communes de l'agglomération à Jupiter.... Ces options proposées par la DSIT sont en attente de décisions juridico-politiques actuellement. Dans le même ordre d'idée, la connexion de certaines écoles dans le cadre du schéma directeur éducation V2 est en cours d'étude.

Ouverture du réseau aux opérateurs :
La Ville de Reims a permis dès 2003, l'accélération de l'accès au haut débit pour les particuliers et aux entreprises en ouvrant la location des fibres disponibles vers les opérateurs. Ces derniers disposent donc de fibres mises à disposition par la Ville afin de dégrouper les lignes téléphoniques et proposer des services ADSL aux particuliers et entreprises. A noter que dès la conception, le réseau passait devant les centraux France Télécom.
Cette anticipation a permis à l'agglomération de bénéficier de  dégroupage total très rapidement alors que Reims n'était pas à l'origine dans les plans prioritaires des opérateurs.
"Cela a généré une concurrence et une émulation entre les opérateurs avec pour conséquences des offres identiques à ce qui se pratique à Paris".
La Ville se positionne ainsi en opérateur d'infrastructures, constitue un budget annexe (activité industrielle et commerciale) et s'inscrit dans le cadre juridique du L1511-6 du CGCT puis L1425-1 (intervention des collectivités en matière de télécommunication).
Après le dégroupage, les opérateurs ont proposé de desservir directement en fibres les entreprises avec des offres concurrentielles et attractives (baisses de prix de l'ordre de -40%).
Aujourd'hui 9 opérateurs bénéficient de l'offre de Reims et pas moins de 400 km de paires de fibres optiques sont louées rapportant environ 315 000 € annuels. Tous les mois la DSIT est sollicitée pour un nouveau projet de raccordement. La disponibilité de ces offres est devenue un  critère déterminant dans le choix d'implantation des entreprises.
 
Aménagement des zones d'activités :
En 2005 un schéma directeur est lancé afin de mesurer la pertinence et les modalités de l'intervention de la collectivité sur les zones d'activités et hôtels d'entreprises. La pertinence de cette intervention a été identifiée et confirmée à maintes reprises depuis (facteur d'implantation des entreprises).
Un plan d'équipement des zones d'activités et entreprises est alors initié afin d'équiper avec des fibres jusqu'aux parcelles, les zones en construction : Croix Blandin, Bezannes, Druart la Malle (St Brice), quartier Clairmarais... La mise en place de locaux télécom en coeur de zones est également décidée.
 
Pour les zones existantes, un partenariat est monté avec France Télécom afin de mettre en place des locaux de raccordement d'abonnés au coeur des zones de diminuer les distances de cheminements des câbles cuivre et limiter l'effet de fracture d'accès au haut débit.
Ce plan de déploiement est en cours et un cofinancement avec la région a été obtenu.
 
Fin 2007 est lancé une enquête de satisfaction des partenaires GFU et opérateurs. Les résultats montrent un haut niveau de satisfaction de l'ensemble des partenaires, un réel succès de l'offre et du mode d'exploitation en régie (qui reste assez rare mais adapté au contexte rémois par rapport à une délégation de service public.)

La partie interne : le réseau multiservices
Pour la partie interne GFU Ville/Car, le bénéfice de l'infrastructure de Jupiter se mesure au quotidien. Par exemple le projet de vidéosurveillance urbaine initialement estimé à 4 millions d'euros a été ramené à 1,4 millions de par l'optimisation et la mutualisation de l'infrastructure. Le réseau ainsi mutualisé est devenu une référence nationale. Plus qu'un réseau informatique, il permet de véhiculer la téléphonie, la vidéosurveillance, la télégestion des feux tricolores, les installations de chauffage, les parkings, l'éclairage de l'Hôtel de Ville, la GTC...
 
Reims bénéficie ainsi d'une avance certaine en matière de télécommunication avec cette notion de réseau multiservices, optimisant la télégestion des équipements favorisant ainsi leur optimisation, limitant le déplacement des agents de terrain et rendant leur activité plus riche. Cela intègre complètement les démarches de développement durable.

Et l'avenir ?
La poursuite du développement de Jupiter au sein des zones d'activités est très attendu par les différents acteurs (opérateurs, entreprises). Des démarches de demandes de subventions avec d'éventuels chantiers complémentaires comme une couverture de Wifi de l'agglomération.