De la vareuse au tablier de vigneron

Le fort de Nogent-l’Abbesse a changé de vocation. Destiné, à l’origine, à protéger Reims d’une attaque brutale, il est aujourd’hui propriété de la Coopérative vinicole qui l’utilise pour le stockage de bouteilles. Les bénévoles continuent la consolidation et la sécurisation du site.

Type d'évènement

Culture - Patrimoine

Après une longue période d’occupation militaire, le fort de Nogent-l’Abbesse, construit à partir de 1875, a cessé son activité en 2004.Le projet du ministère de l’Intérieur de le conserver pour y stocker les munitions non explosées de 14-18 a été abandonné en 2012, en même temps que fermait la BA 112 qui en assurait le gardiennage.

La vente du fort relançait alors le projet de la Coopérative vinicole de Nogent-l’Abbesse et Cernay-lès-Reims, qui souhaitait l’acquérir à des fins de stockage et de pressurage. Acheté par la commune de Nogent-l’Abbesse, le fort a été revendu aussitôt à la Coopérative.

« Nous avons commencé par adapter les soutes à munitions pour pouvoir y loger  des bouteilles », précise Daniel Quantinet, le président de la Coopérative. « Puis, nous avons restauré les hangars que nous souhaitions conserver et démoli les bâtiments très dégradés dans la zone de vie. » Aujourd’hui, les quinze soutes restaurées (les douze autres ont été détruites) sont opérationnelles et louées aux coopérateurs.

Reste à restaurer le fort en lui-même. « Restaurer ? Le terme n’est pas approprié », souligne Ludovic Wisniewski, l’un des quatre-vingts bénévoles de l’association du fort de Nogent. « Il faut plutôt parler de consolidation, de sécurisation. »

Car au fil de ses rendez-vous réguliers sur le site, cette équipe de passionnés explore et « découvre des cavités, des souterrains, des tunnels, des labyrinthes qu’il faut défricher, déblayer, sécuriser avant de les refaire à l’identique avec des matériaux différents. » Difficile dans ces conditions de se projeter dans le temps.

« L’objectif n’est pas d’ouvrir le fort aux visites », souligne Guy Mouchel. « Pas avant de nombreuses années en tout cas. » Le travail est titanesque. En revanche, des visites privées sont possibles, permettant de découvrir des marques, graffitis ou autres sculptures dans la pierre laissées par les soldats, français et allemands, qui s’y sont succédé.