SIABAVES : comme des poissons dans l’eau

Dans la Vallée de la Suippe, le syndicat intercommunal (SIABAVES) entretient et restaure le lit et les berges de la Suippe afin de favoriser la biodiversité faune – flore.

Type d'évènement

Eau - Assainissement

Qu’est-ce qui se cache derrière le sigle SIABAVES ? Simple… et complexe à la fois. « Le rôle du syndicat intercommunal d’aménagement des bassins Aisne, Vesle, Suippe est de préserver, d’entretenir, de restaurer un milieu naturel fragile », explique Jean-Christophe Inglard, le directeur de l’Eau et de l’assainissement au Grand Reims. Deux rivières sont concernées : la Vesle (140 km de Somme-Vesle à Condé-sur- Suippe) et la Suippe (101 km de Somme-Suippe à Condé-sur-Suippe). La partie complexe concerne toutes les démarches administratives qui précèdent les travaux. Le SIABAVES (qui a accueilli son « s » terminal pour Suippe en avril 2018) « chapeaute par ailleurs le Schéma d’aménagement et gestion de l’eau, anime la Commission locale de l’eau et pilote les contrats d’application qui ont pour objectif de favoriser l’émergence des projets améliorant la qualité des eaux souterraines et superficielles. »

DEUX MOIS ET DEMI DE TRAVAUX

Concrètement, comment une année de travaux s’organise-t-elle ? Avant d’entreprendre quoi que ce soit, il faut posséder une déclaration d’intérêt général (DIG), mère de tous les enjeux, qui est décernée par le préfet pour cinq ans (renouvelable cinq ans) et permet de réaliser des travaux en domaine privé avec des fonds publics. A l’automne, des prospections sur le terrain permettent de définir les secteurs d’intervention et les types de travaux à réaliser. « En début d’année, j’organise une réunion avec les propriétaires concernés par les travaux de restauration et d’aménagements », souligne Jean-François Gilbert, le technicien rivière. « Puis c’est le temps des démarches ou des validations auprès des services de l’Etat, de l’Agence de l’eau, des élus. » Mais le circuit n’est pas encore bouclé. Il faut lancer les consultations, retenir les entreprises et « attendre les arrêtés de subvention (normalement en juin). » Les travaux pourront débuter vers la mi-août quand les niveaux d’eau seront les plus bas. La Suippe est classée 1re catégorie piscicole et en liste 2 (cours d’eau prioritaire) pour la continuité écologique. « Il faut respecter les périodes de reproduction des poissons et la nidification des oiseaux. Nous avons deux mois et demi pour nos travaux. »  L’objectif est de préserver ou restaurer la biodiversité, faune et flore.

DE WARMERIVILLE À AUMÉNANCOURT EN 2018

De la mi-août à octobre, périodes d’étiage (niveau le plus bas d’un cours d’eau), des travaux sont autorisés par la police de l’eau. En 2018 ceux-ci ont concerné les 10 kilomètres séparant Warmeriville d’Auménancourt : enlèvement des déchets, restauration du lit de la rivière, création de banquettes végétalisées pour stabiliser les berges, d’épis, de puits de lumière. « Cela permet de redynamiser le cours d’eau, d’offrir des caches et des zonesde reproduction aux  poissons, de favoriser le développement de la flore aquatique. » Et en même temps que le présent, il faut aussi conjuguer la Suippe au futur. « L’Agence de l’eau nous demande déjà la programmation quinquennale de 2019 à 2023… »
A l’origine, en 2006, après des pompages effectués à Auménancourt, des pêcheurs et des riverains ont réclamé des travaux pour débarrasser la Suippe de ses déchets, afin de retrouver une rivière naturelle. Il a été convenu de mettre à disposition un technicien de rivière qui, depuis, veille sur le cours d’eau qui prend naissance… sous l’église de Somme-Suippe et qui traverse cinq communautés de communes de l’époque. Finalement trois pôles territoriaux (Rives de la Suippe, Vallée de la Suippe et Beine Bourgogne) ont adhéré. Aujourd’hui, le SIABAVES se charge de la bonne santé des 64 km séparant Aubérive à Auménancourt.