Sous la bioéconomie… la recherche et la formation

La bioéconomie marnaise, et son pôle Pomacle-Bazancourt, ont la réputation d'occuper le fauteuil de leader européen. Les principaux acteurs savent combien la formation et la recherche ont un rôle important pour tenir ce rang.

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Économie - Emploi

Dès que l’on associe Pomacle à Bazancourt, la magie de la bioéconomie opère et ces deux communes s’ingénient à faire rayonner leurs atouts. Sur le site de Pomacle-Bazancourt, il y a les industriels bien sûr mais il y a également des domaines essentiels : la formation et la recherche. « La recherche est une des essences du pôle de compétitivité IAR », assure son président Yvon Le Hénaff. « L’idée de base est de s’appuyer sur des écosystèmes recherche – innovation et industries du territoire pour favoriser l’émergence de projets de recherche et développement qui permettent à terme de créer de la valeur et des emplois sur le territoire. » Quant à la formation, elle doit « répondre aux besoins des industriels dans le cadre du développement de la bioéconomie », affirme Yvon Le Hénaff. « C’est pourquoi, on a monté avec l’URCA un campus dédié aux biotechnologies industrielles. »

LA RECHERCHE,POURVOYEUSE D’INNOVATIONS

Le CEBB (Centre européen de biotechnologie et bioéconomie) se trouve au coeur du pôle agro-industriel. « Il est constitué en une association pour la gestion de bâtiments qui accueillent quatre chaires d’enseignement et de recherche des grandes écoles et de l’Université (Centrale Supélec (Biotechnologies), AgroParisTech (Agro biotechnologies industrielles), ainsi qu’une représentation de NEOMA BS (Bioéconomie industrielle) et de l’URCA », détaille Florent Allais, le président de la structure. Cinquante chercheurs, techniciens et ingénieurs travaillent dans les bâtiments situés derrière le pilote industriel sur le biocarburant de seconde génération « projet Futurol ». « Nous faisons de la recherche fondamentale et appliquée », poursuit-il. « Nous avons vocation à être pourvoyeur d’innovations qui seront industrialisées par la suite. » Les travaux se font à partir de co-produits locaux (blé, pulpe de betterave, etc.) avec l’objectif de leur donner de la valeur… « et de créer de l’emploi. »

Des stagiaires, des CDD ont déjà trouvé des postes dans Givaudan. Pour Jean-Christophe Duval, le directeur d’ARD (Agro-industries Recherches Développement), « nos collaborations sur des projets sont profitables à chacun. Le CEBB nous voit comme des accélérateurs de ses projets et nous, nous faisons appel à lui quand nous manquons d’expertise. Mais, il n’y a pas de flux de projets permanents. » Le modèle est unique et séduit par-delà le monde. « Nous sommes précurseurs. C’est du jamais vu en Europe et au niveau international », précise Florent Allais qui espère que « d’ici un an / un an et demi, le pôle d’innovation permettra aux acteurs académiques et industriels de mutualiser et de travailler sur une stratégie globale.»

LA FORMATION : « PLUS TARD, JE SERAI… »

Porté par l’URCA, un campus d’un nouveau genre a vu le jour en 2017 dans le Grand Est sur la thématique de la bioraffinerie végétale et des biotechnologies industrielles *. Campus des métiers et des qualifications (CMQ) est un label national qui prévoit de fédérer et valoriser l’enseignement d’un champ déterminé. « Il était logique de positionner notre CMQ sur cette thématique car c’est l’un des points forts de notre territoire », affirme Estelle Garnier qui vient de prendre la responsabilité de ce Campus. La première tâche de ce dernier est de faire connaître et valoriser les formations et métiers de la filière auprès de la population dans son ensemble. Le CMQ a également pour objectif de créer et de conforter des liens entre les 82 formations diplômantes (du CAP au doctorat). « Cela fait déjà plusieurs années qu’en région les acteurs de la recherche comme ceux de l’industrie se sont fédérés. La formation en bioéconomie n’est, pour sa part, pas encore structurée en réseau. Il y a nécessité d’articuler les actions à ce niveau », souligne Estelle Garnier. Dans un premier temps, elle va entreprendre un tour des établissements pour affiner l’état des lieux des formations proposées dans les lycées généraux et agricoles, les Universités et les grandes écoles de la Région et va visiter les entreprises partenaires afin de connaître leurs besoins en matière de formation.

*Les Campus du Grand Est et des Hauts de France sont les deux seuls parmi les 77 en France à être labelisés sur la thématique de la bioéconomie.