Patrimoine : opération sauvetage des églises

Classées Monuments historiques depuis près de cent ans, les églises de Lhéry et de Jonquery étaient en souffrance. Grâce à la ténacité de leurs maires, au soutien des collectivités et de l’État, elles sont peu à peu remises en état et retrouvent de leur superbe.

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« Nous nous efforçons d’avoir un village propre, qui ait de l’allure, qui soit accueillant pour les habitants et les touristes. Le réseau électrique a été enfoui, les lavoirs et la mairie ont été rénovés. C’est au tour de notre église Saint-Martin d’être restaurée et elle en a bien besoin, estime Eric Ammeux, maire de Jonquery. L’église, c’est notre patrimoine culturel, notre histoire. Elle fait partie du circuit des crèches de Noël qui attire chaque année en décembre un public familial. C’est un monument de la commune qui doit être préservé et entretenu au même titre que les autres. »

Édifiée au XIIe siècle dans sa première version, bombardée en 1918 lors de la retraite des Allemands, reconstruite à l’identique entre 1919 (année de son classement) et 1936, l’église Saint-Martin donnait d’importants signes de fragilité, particulièrement côté toiture et charpente. Monté du temps de la communauté de communes Ardre et Tardenois (avant 2014), le dossier élaboré en lien avec la Direction régionale des affaires culturelles Grand Est (DRAC) a finalement abouti l’année dernière.

En complément des participations de l’État, de la Région et du Département, la communauté urbaine du Grand Reims a décidé de couvrir l’engagement de l’intercommunalité précédente. Les travaux menés en 2017 ont permis de parer au plus pressé avec la réfection d’une partie de la toiture. Tout n’est pas réglé pour autant. « Il reste à effectuer des travaux de restauration sur la couverture du clocher et du transept. La commune souhaite lancer en 2018-2019 ce chantier pour lequel elle demandera des aides », annonce le maire.

Parcours du combattant

Ce parcours du combattant, la municipalité de Lhéry l’a vécu, elle qui a fait du sauvetage de l’église Saint-Nicolas un cheval de bataille. Patricia Durin,maire depuis 2014 : « Nous avons peu de patrimoine dans la commune. Mais nous avons au moins une belle église qui doit être vue comme un témoignage de l’histoire et pas seulement comme un lieu de culte, même si elle accueille une messe par an et, de temps à autre, des baptêmes, mariages ou funérailles. »

De l’attente et des déceptions, la commune en a connues. « Après des années d’études avec les architectes, de demandes de subventions et d’interventions pour faire avancer notre dossier de restauration, Bernard Petit, mon prédécesseur pensait toucher au but à la fin de son mandat. Les travaux devaient démarrer en 2015. Jusqu’à ce que nous apprenions au début de cette année-là que les financements prévus n’étaient plus disponibles. »

Loin de se laisser décourager, la nouvelle maire est montée au créneau, fixant avec la DRAC un nouveau calendrier et remobilisant les collectivités territoriales. L’entrée au 1er janvier 2017 dans le Grand Reims aurait pu de nouveau stopper le projet dans la mesure où l’entretien des Monuments historiques ne fait pas partie des compétences reprises par la Communauté urbaine. Sauf que, pour Lhéry comme pour Jonquery, le Grand Reims a accepté, par exception, d’honorer les crédits préalablement inscrits dans le budget de la Communauté de communes Ardre et Châtillonnais.

Moyennant quoi une première tranche de travaux a eu lieu en 2017. La seconde est en cours. Objectif rénover les toitures, charpentes et maçonneries, très affectées par la tempête de 2000, pour redonner à cette église datant du XIIe siècle un nouvel attrait. Pour Patricia Durin, le geste du Grand Reims « est un bel exemple de continuité des projets engagés par la Communauté de communes. Après un combat de 15 ans, c’est une longue histoire qui se termine bien. »